Baie de Somme : les pêcheurs de civelles interdits de mer, la colère monte à Saint-Valery

Baie de Somme : les pêcheurs de civelles interdits de mer, la colère monte à Saint-Valery
La pêche à la civelle est en sursis - Radio 6
Nicolas MEROU 07:10 - 12 février 2026

Alors que la campagne de pêche à la civelle a débuté en décembre dans certaines régions et quelle devait débuter le 1er février dans le Nord de la France, les six marins-pêcheurs de la Baie de Somme, eux, restent à quai. Un arrêté d’interdiction pris fin janvier empêche toute sortie en mer dans les ports de la baie cette saison. Une décision administrative du département de la Somme qui suscite incompréhension et exaspération.

Installé au Crotoy et au Hourdel, le pêcheur professionnel Fabrice Montassine ne cache pas son désarroi sur radio 6 : "On a des jeunes pour lesquels c’est 50 % de leur chiffre d’affaires de l’année. Une saison de civelles, c’est 25 000 euros. Nous, c’est un petit peu pour ça qu’on est désabusés aussi. C’est facile de tirer sur six pêcheurs, les plus au nord de la France."

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Au niveau national, 22 tonnes de civelles sont autorisées, dont 220 kilos en mer pour le secteur Artois-Picardie. Les six pêcheurs de la Baie de Somme ne représentent qu’1 % du quota national, sur une période très courte, limitée aux grandes marées.

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Pendant ce temps, sur la façade Atlantique, 508 pêcheurs peuvent exercer. "Ils ont eu 40 % de diminution comme nous tous, mais ils ont quand même pêché. Nous, on nous interdit. Et on ne nous donne aucune raison", poursuit le marin.

Une pêche encadrée et en partie dédiée au repeuplement

La civelle (alevin de l’anguille) est un poisson migrateur. "Le poisson passe très vite, il y a urgence", insiste Fabrice Montassine. Selon lui, 65 % des prises locales sont destinées au repeuplement des rivières européennes, via un dispositif financé par l’Europe. "Il y a un quota consommation, vendu entre 420 et 450 euros le kilo, et un quota repeuplement, payé entre 150 et 180 euros." Sur les milliers de civelles qui transitent par la Baie de Somme, très peu atteignent naturellement les cours d’eau en amont. "Sur 1 000 civelles qui passent à Saint-Valery, il y en a environ cinq qui arrivent dans la Haute-Somme", rappelle-t-il, évoquant la prédation naturelle le long du parcours.

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Une décision qui interroge

"Notre première demande, c’est la pêche. Moi, je n’ai jamais attendu après des indemnisations pour gagner ma vie. Mon métier, c’est de pêcher", martèle Fabrice Montassine.

Réunion décisive à Amiens

Une rencontre est prévue ce vendredi 13 février à la préfecture d’Amiens entre le préfet, les pêcheurs et la présidente du Département. Pour les professionnels, le temps presse.

Face au blocage, les marins-pêcheurs menacent d’actions. "On a commencé à préparer des câbles et des bidons pour barrer le port de plaisance de Saint-Valery. S’il n’y a pas la pêche, le barrage se fera chaque week-end." En Baie de Somme, l’issue de cette réunion pourrait, donc, conditionner la suite du mouvement.

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