Casino de Berck-sur-Mer : le préfet ordonne l’intervention de la force publique, les serrures changées
Coup de théâtre au casino de Berck-sur-Mer ! Le préfet du Pas-de-Calais a accordé le concours de la force publique pour faire exécuter les décisions de justice concernant le bâtiment, au cœur d’un bras de fer juridique après la fin de la délégation confiée au groupe Partouche. La police est intervenue, les serrures ont été changées et un état des lieux a été dressé.
Après des rebondissements à répétition, des ordonnances de justice, des amendes qui grimpent et un bras de fer entre pouvoirs publics et le groupe de casinos Partouche le préfet du Pas-de-Calais a fini par donner l’ordre d’intervenir. Police, serrures changées, état des lieux : l’État a décidé de faire appliquer les décisions de justice.
Un combat qui dure depuis des mois !
Après 34 ans d’exploitation du casino par le groupe Partouche, la délégation de service public confiée à ce dernier a pris fin au 31 décembre 2025. La ville de Berck-sur-Mer a lancé une nouvelle procédure pour confier l’exploitation à un autre opérateur, le groupe belge Infiniti, pour les 12 prochaines années. Mais un obstacle majeur est rapidement apparu : Partouche refusait de rendre les clés du bâtiment, malgré les décisions de justice.
En décembre 2025, le tribunal administratif de Lille a ordonné à Partouche de restituer le bâtiment à la municipalité avant le 1?? janvier 2026, avec une astreinte de 500 € par jour de retard. Quand cette décision n’a pas été respectée, la justice a renforcé la pression en augmentant l’astreinte à 2 000 € par jour.
Une guerre juridique à deux fronts :
Pourquoi ce refus de libérer les lieux ? Partouche a engagé une autre procédure devant le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, où il soutient qu’il détient un droit de propriété sur le bâtiment. Cette lecture est totalement différente de celle de la justice administrative, qui considère que, dans une délégation de service public, le bâtiment doit revenir à la collectivité à la fin du contrat.
Pendant ce temps, la municipalité a mis en place un nouvel exploitant, reprenant les 39 salariés, mais ceux-ci ne peuvent toujours pas travailler faute d’accès au lieu.
Le préfet sort l’artillerie lourde !
Face à cette impasse, après des décisions du Conseil d’État, du tribunal administratif et des rappels inexécutés, François-Xavier Lauch, préfet du Pas-de-Calais, a décidé d’agir. Il a accordé le concours de la force publique pour faire appliquer la justice. La police nationale est intervenue, les clés ont été récupérées, les serrures ont été changées et un état des lieux a été réalisé.
Le préfet a également demandé au tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer de se déclarer incompétent, estimant que la propriété du bâtiment relève exclusivement du juge administratif — et que les décisions judiciaires contraires n’ont pas d’effet.
Une affaire loin d’être terminée… mais un tournant décisif !
Ce coup de force marque une étape majeure dans ce feuilleton judiciaire et politique. Alors que la bataille pour savoir qui doit diriger et exploiter le casino aura été longue et confuse, l’intervention de l’État permet enfin à la commune de reprendre physiquement le bâtiment.
Reste à voir comment Partouche réagira sur le plan judiciaire, et si les nouveaux exploitants pourront enfin ouvrir et relancer l’activité, essentielle dans cette station balnéaire.
Ce feuilleton judiciaire, complexe mais hautement symbolique du rapport entre pouvoirs publics, grandes entreprises et droit administratif, pourrait encore réserver des surprises.
