Santé dans le Boulonnais : 9 000 habitants sans médecin traitant, un plan pour changer la donne
Face aux difficultés d'accès aux soins, les collectivités du Pays boulonnais et l'Agence régionale de santé unissent leurs forces. Un contrat local de santé vient d'être signé pour 74 communes et près de 160 000 habitants. Objectif : attirer de nouveaux médecins, améliorer la prévention, prendre en charge la santé mentale et accompagner le vieillissement de la population.
C'est un chiffre qui résume à lui seul les difficultés rencontrées par de nombreux habitants du Boulonnais : 9 000 personnes n'ont pas de médecin traitant sur le territoire. Autre donnée préoccupante : un habitant sur dix ne dispose pas de complémentaire santé.
Des chiffres rappelés par Frédéric Cuvillier, président de la Communauté d'agglomération du Boulonnais, lors de la signature du nouveau contrat local de santé du Pays boulonnais, ce mardi, au centre hospitalier de Boulogne-sur-Mer.
"L'enjeu de la santé, et notamment sur ce territoire, est un enjeu d'égalité et de justice sociale", a insisté l'élu, évoquant un territoire marqué par un chômage plus important, des revenus plus faibles et une espérance de vie inférieure aux moyennes régionale et nationale.
Trois intercommunalités s'unissent pour attirer des médecins
Ce contrat local de santé présente une particularité : il rassemble trois intercommunalités, la Communauté d'agglomération du Boulonnais, la Communauté de communes de Desvres-Samer et la Communauté de communes de la Terre des Deux Caps.
Douze partenaires institutionnels ont signé cet accord, dont l'ARS Hauts-de-France, la CPAM Côte d'Opale, le Département, l'Éducation nationale et des représentants des professionnels de santé.
Premier objectif : rendre le Boulonnais plus attractif pour les professionnels de santé, notamment les jeunes médecins.
Une enquête menée récemment auprès la population a révélé que de nombreux habitants ont des difficultés à trouver des rendez-vous. Charlotte Bonte, coordinatrice du contrat local de santé, revient sur les résultats de ce questionnaire :
Pour attirer de nouveaux médecins, l’agence régionale de santé compte aussi sur les élus.
Selon Yann Gaël Amghar, directeur général de l'ARS dans les Hauts-de-France, les politiques mises en place peuvent améliorer la santé des habitants :
Une première évolution encourageante vient justement d'être annoncée. Trois docteurs juniors en médecine générale ont commencé leur activité cette semaine sur le territoire boulonnais :
Au total, 31 actions seront déployées entre 2026 et 2028, avec la mobilisation de plus de 60 partenaires.
Parmi les premières mesures annoncées figurent des formations aux premiers secours en santé mentale, des rencontres entre habitants et professionnels, des campagnes de vaccination contre la grippe, ainsi qu'une formation sur la nutrition dispensée par l'Institut Pasteur de Lille.




