Casino de Berck : le groupe Partouche dénonce un "coup de force" après l’intervention de l’État
Après le coup de théâtre dans l’affaire du casino de Berck-sur-Mer de ce mercredi 18 février (sur décision du préfet du Pas-de-Calais, la force publique est intervenue pour permettre la reprise du bâtiment par le nouveau délégataire.) Le groupe Partouche réagit.
Depuis le 1er janvier, la situation était figée. La Ville avait attribué la nouvelle délégation de service public à un groupe belge, après un appel d’offres lancé en fin d’année. Le groupe Partouche, exploitant historique, avait refusé d’y participer, estimant être propriétaire des murs depuis leur acquisition en 1997 pour 2 millions de francs (461 545 euros).
Une position validée par le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer, mais contestée par le tribunal administratif dans le cadre du contrat d’exploitation. Résultat : le nouveau délégataire détenait le contrat, mais ne pouvait accéder aux locaux. Les 39 salariés étaient payés à rester chez eux, dans l’attente d’une issue.
Ces derniers jours, la tension était montée d’un cran avec l’envoi de SMS à des clients fidèles, les invitant à participer à des soirées karaoké dans l’ancien casino (activités autorisées, à l’exception des jeux).
"Un coup de force", selon Partouche
Dans un communiqué publié ce mercredi, le groupe Partouche "dénonce le coup de force de la mairie de Berck-sur-Mer appuyé par la préfecture du Pas-de-Calais ayant conduit (…) à la prise de possession par la force du bâtiment abritant les activités de casino, dont le groupe est le seul propriétaire"
Le groupe affirme que "les deux dernières décisions de justice en date ont ordonné l’interdiction à la commune de prendre personnellement ou par personne interposée possession de l’immeuble" et souligne que le tribunal administratif aurait rejeté une demande de recours à la force publique
Partouche indique qu’il "fera respecter ses droits" et appelle "à un minimum de retenue et de respect des décisions de justice"
La Ville rassurée pour les salariés
De son côté, la municipalité se félicite de l’intervention de l’État, estimant que la situation ne pouvait plus durer. L’objectif affiché, permettre au nouveau délégataire de lancer rapidement son activité et sécuriser l’avenir des 39 salariés concernés.
L’affaire, loin d’être terminée sur le plan judiciaire, pourrait encore connaître de nouveaux rebondissements. D'autant que le préfet a également demandé au tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer de se déclarer incompétent, estimant que la propriété du bâtiment relève exclusivement du juge administratif.
