Dry January : un mois sans alcool, vraiment utile ?

Dry January : un mois sans alcool, vraiment utile ?
Image d'illustration - Radio 6
Nicolas MEROU 07:10 - 21 janvier 2026

Chaque mois de janvier, le Dry January s’invite dans les discussions. Le principe est simple : faire une pause d’alcool pendant 31 jours. Une démarche encore marginale il y a quelques années, mais qui gagne du terrain. En 2025, 4,5 millions de Français ont déclaré y participer. Alors, effet de mode ou véritable levier pour faire évoluer les comportements ?

Dans le montreuillois, les équipes du CHAM constatent des changements bien réels. "Les gens prennent conscience de leurs consommations. On sent que, petit à petit, les questions sur les quantités et les habitudes s’installent", expliquent Sandrine Gladieux et Anne Vanier, infirmières au sein de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA), rencontrées par Radio 6.

Des pratiques qui évoluent, surtout chez les plus jeunes

Sur le terrain, les professionnelles observent aussi un changement générationnel. "Chez les jeunes, on n’est plus du tout sur les mêmes consommations qu’il y a une génération. Le rapport à l’alcool est différent, plus réfléchi", notent-elles. Beaucoup évoquent néanmoins une pression sociale persistante, notamment lors du défi de janvier. "Quand on demande simplement une boisson sans alcool, certains n’osent pas. Le Dry January permet justement de légitimer ce choix."

Revoir ses repères et ses doses

Sur les stands de prévention, l’équipe ELSA propose des démonstrations concrètes. Objectif : aider chacun à visualiser ce qu’est un verre standard. "Quand on se sert comme à la maison, on est parfois à six fois la dose recommandée", souligne Sandrine Gladieux. Whisky, pastis ou rhum : les doses sont souvent doublées, voire triplées, sans que l’on s’en rende compte. "Une bouteille de 70 cl de whisky, c’est en théorie 22 verres standards. Peu de gens le savent."

Les conseils sont simples : boire lentement, alterner avec de l’eau, utiliser des doseurs et surtout apprendre à dire non sans culpabiliser. "Promouvoir le non-alcool, c’est aussi montrer que d’autres choix sont possibles et acceptables."

Une initiative populaire, mais sans soutien de l’État

Porté par des associations, des collectivités et des hôpitaux, le Dry January ne bénéficie pas d’un appui officiel de l’État. L’Élysée a renoncé à soutenir l’opération, sous la pression des lobbys de l’alcool. Un paradoxe, alors que l’alcool reste responsable de 41 000 décès par an en France.

Pour les soignants, l’essentiel est ailleurs : "Même si les gens ne poursuivent pas toute l’année, le fait de s’interroger pendant un mois peut déclencher une prise de conscience durable." Plus qu’un défi, le Dry January devient ainsi un point de départ vers une consommation plus maîtrisée ou simplement différente.

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