Accusé de harcèlement par plusieurs agents, le maire d'Outreau dénonce "une chasse à l'homme"
Visé par des accusations de harcèlement dans une lettre anonyme du 13 novembre dernier, le maire d'Outreau Sébastien Chochois est de nouveau pointé du doigt suite à la tentative de suicide d'un agent de la mairie, ce samedi. Après plusieurs jours de silence, l'élu se défend.
Que se passe-t-il derrière les murs de la mairie d'Outreau ? C'est la question que beaucoup de monde se pose, sur le marché de la ville, ce jeudi, en fin de matinée.
A quelques mètres de là, devant le centre culturel Le Phénix, un rassemblement s'organise à l'appel du syndicat Force Ouvrière. Objectif: afficher un soutien à Xavier.
Samedi, cet agent de la mairie, qui anime des ateliers informatiques à la médiathèque, a tenté de mettre fin à ses jours avec un objet tranchant, au sein des locaux municipaux.
Son mal-être était-il lié à ses conditions de travail ? "Ce que l'on sait, c'est qu'il devait déménager du Phénix où il travaillait pour intégrer la nouvelle maison des services. Il avait fait part à des collègues qu'il le vivait très mal" souligne Sandie Paris, secrétaire générale FO en mairie d'Outreau, au micro Radio 6.
A ses côtés, ce jeudi midi, une centaine de personnes est venue "pour afficher notre soutien à notre collègue, mais aussi pour partager le malaise qui réside dans cette mairie", explique Laurie, responsable du service des sports:
D'autres agents, qui souhaitent conserver l'anonymat par peur des représailles, évoquent les "manipulations" d'un maire "en état d'ivresse à plusieurs reprises" dans l'exercice de ses fonctions, un "regard carnassier" envers certaines collaboratrices et "des humiliations sur la place publique", devant d'autres collègues. "En sortant des réunions, j'étais tellement mal que je vomissais" témoigne une personne se présentant comme victime.
La réponse du maire
Radio 6 a tenté de joindre à plusieurs reprises le maire d'Outreau par téléphone, depuis le jour du drame. Sans réponse, notre journaliste s'est également rendu en mairie, ce jeudi, pour tenter d'obtenir un entretien avec l'élu. En vain.
Ce n'est finalement qu'en début d'après-midi que Sébastien Chochois nous a rappelé. D'emblée, il a refusé notre demande de rencontre et d'interview.
"Je ne participe pas à l’exploitation de ce drame. Je trouve lamentable la récupération politique et syndicale qui en est faite", argumente-t-il, expliquant être "aux côtés de (son) agent, de sa famille et des agents qui ont été particulièrement touché depuis samedi".
Sur les accusations à son encontre, Sébastien Chochois les jugent "abjectes" et "abominables", avant d'accuser la presse: "Vous participez à une chasse à l'homme. Et vous laissez les commentaires pour faire du buzz"
Toujours soucieux de lui laisser la parole, nous avons alors sollicité une nouvelle fois une interview. "Non, vous direz ce que vous voudrez. Je vous fais confiance, vous laisserez les commentaires faire” tranche Sébastien Chochois, avant que la communication ne coupe soudainement.
On mettra ça sur un problème de réseau, car on n'imagine pas qu'il ait choisi de nous raccrocher au nez...
