Gravelines et Grand-Fort-Philippe : une nuit de tensions entre migrants et forces de l’ordre
La nuit de samedi à dimanche a été particulièrement tendue à Gravelines et Grand-Fort-Philippe. Des échauffourées ont opposé des migrants aux forces de l’ordre dans les deux communes, sur fond de tentatives de traversée de la Manche. Des dégradations ont également été commises, notamment sur l’Hôtel de Ville de Gravelines. La municipalité annonce le dépôt d’une plainte.
À Gravelines et Grand-Fort-Philippe, des échauffourées ont opposé des migrants aux forces de l’ordre alors que les militaires et les policiers intervenaient dans le secteur, notamment dans le contexte des tentatives de départ vers la Grande-Bretagne.
La nuit s’est également soldée par des dégradations dans les deux communes.
En se levant dimanche matin, les habitants de Grand-Fort-Philippe ont pu constater des dégâts dans les rues avec des poubelles renversées ou incendiées, et des vitres d'habitations caillassées.
À Gravelines, l’Hôtel de Ville a été pris pour cible. Le maire, Bertrand Ringot, condamne des actes qu’il qualifie de dégradations volontaires et annonce que la commune va déposer plainte.
Ces nouveaux incidents interviennent dans un secteur particulièrement exposé aux départs de « small boats ». Le chenal entre Gravelines et Grand-Fort-Philippe constitue notamment un point de passage régulièrement surveillé par les forces de l’ordre.
La question de la sécurité est devenue un sujet récurrent pour les deux communes. Gravelines indique avoir mis en place un centre de supervision urbain doté de plus de 300 caméras, avec la possibilité de mobiliser des opérateurs la nuit et une coordination avec les forces de l’ordre.
Lors d'un conseil municipal en décembre dernier, la ville avait déjà fait état d'une intervention nocturne au cours de laquelle une patrouille avait été prise à partie par des migrants et avait dû demander l'appui des CRS. Des véhicules avaient alors été dégradés.
Le maire de Gravelines, Bertrand Ringot réclame depuis plusieurs années davantage de moyens pour les forces de l'ordre et notamment des renforts pour le commissariat de Gravelines. La municipalité souligne également les dispositifs mis en place pour protéger les riverains des espaces d'attente et le nettoyage régulier des déchets laissés sur les lieux de campement.
Mais le maire rappelle que la commune ne peut pas, à elle seule, régler la question migratoire, qui concerne l'ensemble du littoral et, plus largement, les pays de l'Union européenne.
Sur le front des traversées, la mairie affirme que leur nombre a nettement diminué cette année : 16 000 passages sont recensés depuis le début de 2026, contre 43 000 sur l'ensemble de l'année 2025.
Une baisse des passages qui n'empêche donc pas la persistance de tensions très fortes, notamment lors des opérations visant à empêcher les départs vers le Royaume-Uni.



