Pas-de-Calais: un tiers des commerces trompe leurs clients sur l'origine des produits, le Préfet hausse le ton

Pas-de-Calais: un tiers des commerces trompe leurs clients sur l'origine des produits, le Préfet hausse le ton
La loyauté de l’information au consommateur est dans le viseur des services de l’État. - Photo d'illustration
Jérôme Noël 12:21 - 19 janvier 2026

Face aux fraudes répétées sur l’origine des denrées alimentaires, le préfet du Pas-de-Calais annonce un renforcement des contrôles, avec un message clair envoyé aux enseignes : la tolérance zéro est désormais de mise.

Voilà des mois que les agriculteurs dénoncent une concurrence déloyale dans les rayons des supermarchés. Ce lundi, le représentant de l'Etat dans le Pas-de-Calais vient confirmer des dérives.

Dans un courrier ferme adressé aux hypermarchés et aux grandes et moyennes surfaces, le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch révèle des pratiques qu’il juge inacceptables: présentation trompeuse de produits étrangers comme étant français, confusion volontaire sur l’origine réelle des denrées, ou encore usage abusif de mentions valorisantes comme "local" ou "fermier".

Des chiffres qui interpellent et inquiètent

Les constats dressés par la Direction départementale de la protection des populations sont sans appel. En 2025, plus de cinquante établissements ont été contrôlés dans le département.

Résultat: un distributeur sur deux présentait des infractions liées à la présentation des produits, et près d’un tiers affichait une mauvaise indication de l’origine.

Fruits et légumes, viandes, produits de la pêche: aucun rayon n’est épargné, que ce soit en magasin ou en drive.

Un constat qui n'étonne pas vraiment les agriculteurs du Département. Damien Salomon, co-président de la coordination rurale du Pas-de-Calais, pointe du doigt une mise en rayon qui avantage les produits étrangers:

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Jusqu’à 300 000 euros d’amende et de la prison

Le préfet rappelle que ces agissements relèvent de pratiques commerciales trompeuses, passibles de sanctions pénales sévères.

Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 300 000 euros, deux ans d’emprisonnement, et même à la publication des sanctions. 

Face à ces dérives, l’État entend frapper fort. Les contrôles vont être intensifiés, avec des suites strictes en lien avec l’autorité judiciaire.

L’indication de l’origine, lorsqu’elle est obligatoire, sera scrutée de près, tout comme la sincérité des labels et mentions valorisantes.

Le préfet insiste également sur la présentation visuelle des produits, appelant les enseignes à bannir toute mise en scène pouvant laisser croire à une origine française lorsque ce n’est pas le cas.

Une pratique courante dans la grande distribution, selon Damien Salomon:

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Dans le Pas-de-Calais, le message est désormais limpide: tromper sur l’origine des produits n’est plus seulement une entorse aux règles, c’est un risque majeur, juridique et économique, que l’État n’entend plus laisser passer.

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