Qualité de l’eau : ce que révèle l’état des lieux de l'Agence de l’Eau Artois-Picardie pour le Montreuillois à la baie de Somme
La synthèse de l’état des lieux de l’eau publiée fin 2025 met en lumière des situations contrastées selon les territoires du littoral et de l’arrière-pays. Du Montreuillois à la Picardie maritime, en passant par la baie de Canche et la baie de Somme, chaque zone fait face à des enjeux spécifiques, entre pression humaine, agriculture, tourisme et changement climatique.
Pour l'ensemble du territoire couvert par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, la majorité (59%) des eaux de surface affiche un état écologique moyen, taux qui a augmenté par rapport à l’Etat des Lieux de 2019. En revanche l’analyse met en évidence une diminution du nombre de masses d’eau en bon état avec seulement 12% concernées. Sur le plan chimique, 32% des masses d’eau de surface sont en bon état.
Les ressources en eau souterraine présentent un bon état quantitatif dans 94% des cas, mettant en avant un niveau de recharge des nappes soutenable actuellement. On observe cependant des risques liés aux prélèvements sur les eaux de surface sur 41% du bassin, ce qui implique une vigilance particulière concernant les prélèvements afin de garantir une gestion équilibrée des ressources en eau sur le long terme. A noter que 90% de l’eau potable provient des eaux souterraines. En revanche, leur état chimique reste dégradé : 88 % des masses d’eau souterraine sont en mauvais état.
Montreuillois et Hesdins-la-Forêt : des nappes à préserver
Dans le Montreuillois, la situation est globalement stable sur le plan quantitatif. Les nappes phréatiques assurent encore l’alimentation en eau potable, mais restent vulnérables aux pollutions diffuses, notamment agricoles.
Les efforts portent désormais sur la protection des captages et la réduction des nitrates et résidus phytosanitaires.
Baie de Canche et Étaples : un estuaire sous pression
Dans la baie de Canche, et notamment autour d’Étaples, la qualité de l’eau reste fragile. Les faibles débits des cours d’eau, combinés à l’urbanisation et aux activités économiques, compliquent l’atteinte du bon état écologique.
L’estuaire concentre des usages multiples : pêche, tourisme, activités portuaires, ce qui renforce les tensions sur la ressource.
Le Touquet, Merlimont, Berck : tourisme et assainissement en ligne de mire
Sur la Côte d’Opale (dans les secteurs du Touquet-Paris-Plage, Merlimont et de Berck-sur-Mer), la problématique est étroitement liée à la fréquentation touristique. En période estivale, les réseaux d’assainissement sont fortement sollicités, ce qui peut avoir un impact sur les eaux littorales et de baignade. La modernisation des équipements reste un enjeu majeur pour préserver l’attractivité du littoral.
Baie de Somme, Saint-Valery, Le Crotoy : un milieu naturel très sensible
En Baie de Somme, autour de Saint-Valery-sur-Somme et du Le Crotoy, l’eau est au cœur d’un écosystème exceptionnel mais fragile. Zones humides, prés salés et estuaires sont particulièrement exposés aux effets du changement climatique : montée des eaux, érosion, salinisation. La qualité de l’eau est donc un enjeu environnemental autant que touristique.
Picardie maritime, Abbeville : entre fleuve et littoral
En Picardie Maritime, notamment autour d’Abbeville, les enjeux concernent à la fois la Somme, les nappes souterraines et le littoral. Si la ressource reste globalement suffisante, le rapport pointe des fragilités chimiques sur certaines masses d’eau, nécessitant une vigilance accrue pour l’eau potable.
