ArcelorMittal Dunkerque : 1,3 milliard d’euros pour un four électrique, Emmanuel Macron assume ses choix face aux critiques

ArcelorMittal Dunkerque : 1,3 milliard d’euros pour un four électrique, Emmanuel Macron assume ses choix face aux critiques
Emmanuel Macron lors de son déplacement sur le site ArcelorMittal de Mardyck, à Dunkerque - Radio 6
Nicolas MEROU 14:05 - 10 février 2026

En déplacement ce mardi sur le site ArcelorMittal de Mardyck, à Dunkerque, le Président de la République a confirmé un investissement de 1,3 milliard d’euros pour la construction d’un four à arc électrique, dont la mise en service est prévue en 2029. Un projet clé du plan de décarbonation du site, destiné à remplacer un haut fourneau fonctionnant au charbon.

"Je sais d’où on vient"

Devant environ 150 salariés rassemblés dans la halle industrielle, Emmanuel Macron a tenu à répondre aux critiques syndicales et politiques : "Je sais qu’il y en a qui disent, j’ai lu la presse ce matin, certains disaient : ah il vient d’annoncer un four, il en fallait deux, il fallait le processus hydrogène. Il y en a d’autres qui me disent : il ne fallait pas du tout faire ça, il fallait nationaliser.
Moi, je vais vous dire : je sais d’où on vient et je sais où on était il y a deux ans, il y a trois ans. Le moment qu’on est en train de vivre, il n’était pas écrit du tout."

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Le chef de l’État rappelle que la sidérurgie européenne traverse une période critique : "Depuis trois ans, notre sidérurgie européenne est sous le feu d’attaques et en grand risque."
Selon lui, l’enjeu n’est pas seulement local, mais continental. Il faut protéger une filière stratégique face aux importations massives et à la concurrence internationale.

Protection du marché européen : quotas et droits de douane

Emmanuel Macron a également détaillé les mesures européennes de protection de l’acier : "On met des quotas en place. Si plus de 13 % du volume européen est importé, on met 50 % de droits de douane. Parce que ça veut dire qu’on est en train de casser l’industrie européenne."
Une décision enclenchée au printemps dernier et qui doit être pleinement déployée dans les prochaines semaines. Autre levier attendu : la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), une forme de taxe carbone douanière destinée à rétablir une concurrence équitable.

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Une réponse aux syndicats

La CFDT d’ArcelorMittal estime que les investissements arrivent avec deux ans de retard et sont inférieurs aux promesses initiales. La CGT, elle, réclame la construction d’un second four électrique et évoque toujours la piste d’une nationalisation. Face à ces critiques, Emmanuel Macron assume : "On aurait pu se retrouver à expliquer comment restructurer et recycler des emplois. Là, on parle d’investir et de décarboner." Le projet repose sur plusieurs conditions réunies : un contrat d’électricité sur 18 ans avec EDF, la protection du marché européen, la mise en place du mécanisme carbone aux frontières.

Dunkerque, vitrine de la réindustrialisation

Le Président a replacé ArcelorMittal dans une dynamique plus large de transformation industrielle des Hauts-de-France : "Notre industrie est en train de repartir. On continue à créer de l’emploi industriel parce qu’on innove."
Il cite notamment, ProLogium (qui doit lancer sa gigafactory de batteries), Verkor (l’usine de batteries d’AESC) à Douai, les projets d’EPR à Gravelines et le rôle stratégique du Grand Port Maritime de Dunkerque. "C’est l’industrie de demain", insiste-t-il, évoquant la mobilité électrique et la transition énergétique.

Un projet revu à la baisse

Initialement présenté début 2024 à hauteur de 1,8 milliard d’euros avec deux fours électriques et 850 millions d’euros d’aides publiques, le projet a évolué. Il ne comprend désormais qu’un seul four électrique pour 1,3 milliard d’euros. ArcelorMittal a par ailleurs annoncé un bénéfice net de plus de 3 milliards de dollars en 2025, en forte hausse sur un an. Pour l’exécutif, l’annonce de ce mardi constitue un signal clair : Dunkerque reste un pilier de la sidérurgie française. Pour les syndicats, la vigilance reste de mise.

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