Fauteuils roulants intégralement remboursés : à Berck, un professionnel alerte sur une hausse des prix
C’est une petite révolution pour les personnes en situation de handicap. Depuis un peu plus d’un mois, l’Assurance maladie prend désormais en charge à 100 % le coût des fauteuils roulants, mettant fin à un long parcours administratif et à des restes à charge parfois importants. Une mesure attendue par les usagers : 1,1 million de Français utilisent un fauteuil roulant au quotidien. Mais sur le terrain, cette réforme soulève aussi des interrogations, notamment chez les professionnels indépendants du secteur.
À Berck, une réforme globalement saluée
À Berck-sur-Mer, ville historiquement liée à la rééducation et au handicap, la réforme a été immédiatement ressentie. Gérard Leclecq, qui vend et répare du matériel médical à l’Atelier du Fauteuil Roulant, rue de l’Impératrice, constate un regain d’intérêt chez ses clients. "Beaucoup de personnes qui envisageaient de changer de fauteuil ont attendu l’entrée en vigueur de la réforme. Aujourd’hui, c’est plus simple pour elles : il n’y a plus la mutuelle ni la MDPH à solliciter, tout passe par la Sécurité sociale."
Avant, un fauteuil roulant manuel standard était remboursé à hauteur d’environ 600 euros. Désormais, la prise en charge peut atteindre 2 400 euros, et jusqu’à 6 000 euros pour certains équipements plus techniques.
Mais des dérives dénoncées par les professionnels
Si l’objectif social de la mesure fait consensus, Gérard Leclecq pointe en revanche des effets pervers sur les prix pratiqués par certains fabricants. "En tant que professionnel, ça m’interpelle. On observe une augmentation des prix qui n’est pas toujours justifiée. Un fauteuil qui valait 4 000 euros se retrouve parfois affiché à 6 000 euros simplement parce que la prise en charge le permet."
Selon lui, la réforme aurait dû s’accompagner de garde-fous plus stricts pour éviter ces dérives tarifaires. Il fait le parallèle avec d’autres dispositifs publics : "C’est comme la prime Rénov’. On peut se demander si les devis seraient les mêmes sans l’aide de l’État."
Un coût important pour l’Assurance maladie
Autre question en suspens : la capacité du système à absorber la demande. Selon les estimations nationales, la prise en charge intégrale des fauteuils roulants pourrait représenter entre 400 et 500 millions d’euros par an pour l’Assurance maladie. Une dépense conséquente, qui interroge sur la soutenabilité du dispositif à long terme, surtout si les prix continuent de grimper.
Un équilibre à trouver
Sur la Côte d'Opale comme ailleurs, la réforme change clairement la donne pour les usagers, en facilitant l’accès à du matériel mieux adapté et en supprimant les freins financiers. Mais pour les professionnels de terrain, l’enjeu est désormais de garantir des prix justes, afin que cette avancée sociale majeure reste viable et profite durablement à tous.
