Près d’Abbeville, Benjamin se bat pour que la santé redevienne une priorité

Près d’Abbeville, Benjamin se bat pour que la santé redevienne une priorité
Ce jeune habitant de Yonval a lancé une pétition sur le système de santé français, après le décès de sa mère - Benjamin Haudrechy
Nicolas MEROU 07:45 - 21 janvier 2026

À Yonval, petit village près d’Abbeville, Benjamin Haudrechy a transformé son deuil en combat. Depuis la mort de sa mère, Cathy, décédée d’un cancer généralisé en février 2025, ce jeune homme de 25 ans dénonce les failles du système de santé et réclame davantage de moyens pour les patients comme pour les soignants.

"On a su que c’était un cancer une semaine avant son décès"

Tout commence à l’automne 2024. Cathy Haudrechy multiplie les rendez-vous médicaux. Les symptômes sont lourds : vomissements, douleurs, perte de poids rapide. Pourtant, les consultations s’enchaînent sans réponse claire.
"Elle avait des rendez-vous tous les deux ou trois mois. À un moment, c’est même son grand-père qui a dû appeler parce qu’il connaissait un médecin à l’hôpital, pour essayer d’avoir un rendez-vous plus tôt", raconte Benjamin.

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Pendant des semaines, la famille entend le même diagnostic : une infection de l’appendice. "Nous, on a vraiment su que c’était un cancer peut-être une semaine avant qu’elle décède", souffle-t-il. Trop tard. Une opération est envisagée, puis abandonnée. Cathy meurt le 24 février 2025, à 62 ans.

Un sentiment de déshumanisation à l’hôpital

Benjamin ne met pas en cause individuellement les soignants. Au contraire. "Ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont", insiste-t-il. Mais il décrit un système à bout de souffle : "Le manque d’humanité, c’est ça qui m’a marqué. Les infirmiers m’ont dit : On n’a plus le temps de rien. Le matin, on n’a même plus le temps de discuter avec les patients. Tout doit aller vite, vite, vite."

Des actions pour faire réagir

Depuis, Benjamin a décidé de ne pas se taire. Il manifeste aux côtés des soignants, notamment devant l’hôpital d’Abbeville. Il a aussi lancé une pétition en ligne, qui a déjà recueilli presque 18 000 signatures. Son message est clair : "Je pense qu’on finance plus la mort que la vie". Et Benjamin ne compte pas s’arrêter là. "Je ne lâcherai pas. J’ai même pensé à des actions plus fortes, comme une grève de la faim. On verra. Mais je continuerai."

Pour Benjamin, ce combat dépasse aujourd’hui son histoire personnelle. "Notre cas n’est pas isolé. Beaucoup de familles vivent la même chose, dans le silence."
Il espère désormais que son témoignage fera bouger les lignes, pour améliorer la prise en charge des patients et redonner du sens au soin.

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