À Desvres, la nostalgie autour de la discothèque "Téoria" fait salle comble

À Desvres, la nostalgie autour de la discothèque
La discothèque "Téoria" à Lottinghen dans les années 80 - Radio 6
Nicolas MEROU 07:04 - 06 mars 2026

À Desvres, il ne faut pas tarder pour réserver. À chaque nouvelle édition des "Années Téoria", les places s’arrachent en deux heures à peine. Un succès fulgurant pour ces soirées nostalgiques organisées depuis 2017 à l’initiative du comité des fêtes.

Des billets écoulés à vitesse record

Le principe est simple : un apéritif, un repas convivial (couscous, tartiflette ou paella selon les éditions), puis une grande soirée dansante jusqu’au bout de la nuit. Mais au-delà du format, c’est l’émotion qui attire. La prochaine prévue ce samedi 7 mars 2026 est complète depuis plusieurs semaines.

"Les gens sont très nostalgiques", confie Jean-Pierre Harduin, DJ historique du Téoria, aux commandes de ces soirées revival. "Il y a des habitués qui viennent à chaque édition, et d’autres qui découvrent l’événement. Ça tourne tout le temps."

Environ 60 % des participants ont connu la discothèque à l’époque, 40 % viennent découvrir ce qu’ils n’ont pas vécu. Parmi eux, des enfants d’anciens habitués. "Des jeunes me disent : Mes parents allaient au Téoria. Maintenant je comprends pourquoi."

Le souvenir d’un lieu devenu mythique

Pour comprendre l’engouement, il faut remonter en 1987. Le 11 juillet, Jean-Pierre débute au Téoria, implanté à Lottinghen à coté de Desvres. La discothèque va fonctionner jusqu’en 2008. Après elle va changer de nom et fermera définitivement au moment de la crise sanitaire du COVID.

Au fil des années, l’établissement s’agrandit pour atteindre sept salles, sept ambiances et sept DJ. Situé à mi-chemin entre Boulogne, Calais, Dunkerque, Berck et Saint-Omer, le club attire un public venu de toute la Côte d’Opale et de l’arrière-pays.

Le Téoria devient un passage obligé pour plusieurs générations. "Des couples se sont rencontrés là-bas. Beaucoup se sont mariés, ont eu des enfants. Et aujourd’hui, ils reviennent aux soirées."

À une époque sans réseaux sociaux ni smartphones, la discothèque était le lieu des rencontres : "Je voyais des jeunes se quitter à 5h du matin en se promettant de se revoir le samedi suivant. Ils appelaient chez les parents avec le téléphone fixe. C’était différent."

Des hymnes générationnels

Chaque époque a ses titres emblématiques. Pour Jean-Pierre, difficile de n’en retenir qu’un. Il cite toutefois Rick Astley et son "Never Gonna Give You Up" comme symbole des débuts, aux côtés de Kylie Minogue, Jason Donovan ou encore Gala. Les années New Beat, house et French Touch ont également marqué les lieux, avec des artistes comme David Guetta ou Bob Sinclar.

Lors des soirées actuelles, la programmation mêle environ 60 % de titres issus du répertoire d’époque et 40 % de musiques plus récentes. Les jingles du Téoria sont rediffusés, des clips projetés, des surprises réservées au public.

Une ambiance qui traverse les générations

Si la technologie a évolué (les vinyles et les célèbres platines Technics ont laissé place aux ordinateurs) l’esprit demeure. Jean-Pierre continue d’animer au micro, comme à l’époque. "Les gens nous disent qu’aujourd’hui, on ne retrouve plus ça : un DJ qui parle, qui met l’ambiance."

En fin de soirée, les selfies se multiplient. Certains participants croisent d’anciens camarades de piste, d’autres replongent dans leurs 18 ans le temps de quelques heures. Près de vingt ans après la fermeture du Téoria, la piste de danse continue donc de vibrer. À Desvres, la nostalgie n’est pas qu’un souvenir : c’est un rendez-vous qui affiche complet. La date de la prochaine soirée "les années Téoria" n'est pas encore connue.

Envoyer un commentaire

Notre Facebook

TURF

Accéder

Rechercher un titre

à

météo

Accéder