Calais : 37 ans de communisme, 20 ans de gestion à droite et la disparition de la gauche...
Le symbole est fort. Dimanche, lors de l’installation du conseil municipal, Jean-Philippe Lannoy, élu de La France insoumise, s’est affiché comme le seul représentant de la gauche. La liste d’union menée par les socialistes et les communistes a été éliminée dès le premier tour. Natacha Bouchart entame un quatrième mandat, sans étiquette, mais sans renier ses convictions de droite.
Comment la ville de Calais est-elle passée de 30 ans de communisme à presque 20 ans de gestion à droite ?
Sébastien Foissel :
« Il est loin le temps où l’image de Calais était celle d’un bastion communiste, dirigé pendant 30 ans par Jean-Jacques Barthe puis Jacky Hénin jusqu’en 2008, battu par Natacha Bouchart, alors à l’UMP.
Dans une sorte de compromis, jusqu’en 2015, l’agglomération était présidée par Philippe Blet, exclu du Parti socialiste. Mais cette position n’a jamais permis à la gauche de retrouver ses électeurs.
Dans une interview reprise sur son blog, Philippe Blet s’étonne de voir que Natacha Bouchart a repris les méthodes de Jacky Hénin pour mieux phagocyter les associations et faire disparaître la mission locale.
En 2003, le communiste Jacky Hénin a sans doute payé la fermeture de la dernière grande biscuiterie LU. Il avait pourtant tenté de relancer un centre-ville menacé par Cité Europe, avec la construction des 4B et la réfection des trottoirs en pavés jaunes, devenus glissants.
La crise migratoire a profité à l’extrême droite. La gauche calaisienne modérée a été incapable de proposer des solutions. Aujourd’hui, c’est La France insoumise qui apparaît comme la plus vigoureuse sur le sujet, mais avec un seul élu, les socialistes et les communistes ayant totalement disparu du paysage politique calaisien. »
