Calais : devant la sous-préfecture, les agriculteurs dénoncent des aides insuffisantes face à la sécheresse
Les agriculteurs ont mené une action symbolique ce dimanche matin à Calais. Les grilles de la sous-préfecture ont été bâchées avec des banderoles pour dénoncer des annonces jugées insuffisantes face aux conséquences de la sécheresse dans le Pas-de-Calais.
La colère ne retombe pas dans le monde agricole. Ce dimanche matin, des agriculteurs ont bâché les grilles de la sous-préfecture de Calais pour faire entendre leur mécontentement. En cause : les mesures annoncées pour répondre aux difficultés liées à la sécheresse, jugées très en dessous des attentes.
“Les annonces sont là. Mais le compte n’y est pas”, dénoncent les agriculteurs, qui disent alerter depuis plusieurs mois sur la situation dans les exploitations. Malgré les 14 mesures présentées, ils estiment que les réponses de l’État ne sont pas à la hauteur de l’urgence.
610 millions d’euros de pertes estimées dans le Pas-de-Calais
Selon les représentants agricoles, les pertes liées à la sécheresse dans le département du Pas-de-Calais sont estimées à 610 millions d’euros.
Le problème, expliquent-ils, c’est que l’enveloppe nationale ne permettra pas de couvrir l’ampleur des pertes. “Il n’y a qu’un milliard au niveau national”, rappellent-ils, alors que les besoins sont importants dans de nombreux territoires.
Autre point de blocage : le déclenchement du dispositif d’indemnisation. Avec le nouveau système, l’ISN, il faut atteindre 50 % de pertes pour pouvoir en bénéficier. Or, dans le Pas-de-Calais, les pertes seraient plutôt comprises entre 20 et 30 % selon les cultures. Résultat : de nombreuses exploitations risquent de ne pas pouvoir entrer dans le dispositif.
Des aides jugées trop limitées
Les agriculteurs reconnaissent quelques avancées, comme la prolongation de l’aide au GNR et de l’aide à l’achat d’engrais. Mais pour eux, cela ne suffit pas. Ils réclament une meilleure indemnisation des pertes, une vraie simplification administrative et des réponses rapides aux problèmes de trésorerie.
Des aides de trésorerie, comme lors des inondations, ainsi qu’une exonération de taxe foncière non bâtie agricole sont évoquées. Mais sur le terrain, les agriculteurs attendent surtout des mesures “concrètes, simples et rapides”.
Ils préviennent qu’ils continueront à porter leurs revendications dans les prochains jours. “Nos exploitations ne peuvent plus attendre”, martèlent-ils.



